Visages du sable
Oasis du Fayoum, décembre 2020, les fouilles archéologiques de l’IFAO reprennent leur souffle.
Derrière les grands noms de la recherche, ce sont d’abord des regards puis des mains qui œuvrent dans la poussière en silence.
Ce sont les hommes du village, ou saisonniers venus des 4 coins de l’Egypte, vêtus de leur galabeya, qui creusent, tamisent, soulèvent le sable, chaque jour.
J’ai observé leurs gestes précis, leur patience face à une terre parfois rude, souvent capricieuse. Sous l’œil du raïs, ils avancent, avec humilité, dans ce travail exigeant et parfois dangereux. Leur connaissance du terrain est précieuse, transmise parfois de génération en génération, invisible et pourtant si essentielle au fils des découvertes.
J’ai voulu poser un regard différent sur ces visages que l’on croise souvent sans vraiment les voir. J’ai choisi de les photographier, non pas dans l’instant d’un exploit, mais dans celui plus discret, d’une présence dans le temps qui passe, avec comme compagnon le soleil et le sable marquant leur peau, infatigable .
Cette série de portraits est un hommage.
À leur force tranquille.
À leur rôle trop souvent effacé.
À cette mémoire vivante qui accompagne la découverte des vestiges du passé, dans le silence des déserts.
Catherine CORNELI - Oasis du Fayoum - Egypte - Décembre 2020
