Dieu est une femme

Au début, il y eut l'eau. Une onde qui s'ouvrit, portant en elle le mystère de toute création. Du jaillissement éclatant de la lumière, une silhouette apparut, enveloppée dans une clarté si pure qu'elle sembla à la fois incarner le ciel et la terre.

Dieu est une femme.

Non pas une certitude, mais une intuition, une évidence qui glisse dans les interstices de l'univers. Elle n'est ni domination, ni loi gravée dans la pierre. Elle est mouvement, elle est germe. Chaque goutte d'eau qui éclate, chaque souffle de vent, chaque particule secrète, chaque onde l’univers, chaque fragment du temps murmurent son nom.

Dieu n'est pas celle que l'on attend. Elle ne trône pas sur les hauteurs inaccessibles, ne brandit pas le glaive. Elle est la matrice cachée au cœur de l'instant, l'origine et la fin qui se rejoignent dans une ronde parfaite. Elle n'éclaire pas, elle irradie. Sa lumière n'est pas celle qui aveugle, mais celle qui révèle, doucement, patiemment, à qui sait la voir.

Dans son sillage, elle porte l'humanité. Non pas dans des hiérarchies rigides, mais dans une union des opposés. Car elle est tout à la fois : l'élan créateur et la douce réceptivité. Elle n'a pas choisi entre la force d'Adam et la sagesse d'Ève, elle les contient, et les réconcilie.

Dieu est une femme, on ne parle pas d'un genre. On parle d'un souffle, d'une énergie qui s'infiltre là où la rigidité s'effondre. Elle est l'eau qui ouvre les chemins, la lumière qui trace des voies nouvelles, et l'ombre qui protège les secrets de la vie.

Dieu est une femme parce qu'elle crée sans fin. Parce qu'elle enfante, non seulement des corps, mais des idées, des rêves, des mondes et des esprits. Parce qu'elle accepte l'imparfait, le fragile, et leur donne un sens. Elle est l'eau qui s'écoule sans jamais se tarir, le feu qui réchauffe sans consumer et faire disparaitre mais renaitre.

Elle est là, dans les détails que l'on ignore : la lumière filtrante à travers les nuages, l'éclat d'un rire inattendu, la caresse d'un souffle d'air sur la peau. Elle est le tout et le rien, l'éclat et la douceur, l'immensité et l'intime.

Dire que Dieu est une femme, c'est embrasser une vérité qui ne s'impose pas. Une vérité qui traverse l'être et le dépassement, qui ne se réduit ni à des mots ni à des images. C'est comprendre que la divinité ne cherche pas à être crainte, mais à être ressentie, aimée, vécue et dépassé.

Elle n'a pas besoin de trône ni de temple. Elle est partout où la vie pulse, où le cœur bat, où l'instant s'éternise, où l’amour est éternel. Elle est la source, le chemin et l'arrivée. Elle est ce qui nous lie, ce qui nous élève, et ce qui nous ramène à nous-mêmes. Elle ne juge pas elle sublime et transcende.

Dieu est une femme, parce qu'elle a toujours été présence, sans jamais avoir besoin d’être nommé, sans jamais avoir besoin d’un trône.

Elle est la lumière de l’éternel, l’alpha et l’omega de toute vie et subsistance.

Elle est.

Dieu est une femme

Peinture acrylique et collage sur bois

Catherine CORNELI - 2023

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