2026 - À l’aube du temps nouveau

À l’aube du temps nouveau

Cette année ne s’ouvre pas dans le silence innocent d’un livre vierge.

Elle s’ouvre dans le fracas assourdi d’un monde qui a déjà tremblé.

Le chaos est là, tapi dans les fissures du réel,

dans les titres qui hurlent sans fond,

dans les algorithmes qui trient la vérité,

dans les vérités qu’on enterre sous des likes,

dans les écrans édulcorés et fissurés de mensonges,

dans les promesses recyclées en cendres,

dans les silences assourdissants des foules,

dans les masques qui tombent en public,

dans les chiffres truqués qui masquent l’abîme, qui voilent la chute, qui bercent l’illusion, qui vendent l’espoir, qui étouffent l’élan, qui falsifient l’alerte,

dans les alertes qui désarment, et neutralisent la colère,

dans les lendemains qu’on nous vend déjà hypothéqués,

dans les regards sidérés, dans les cœurs qui battent trop fort ou plus du tout.

Il a renversé des certitudes, déchiré des voiles, semé l’effroi et la désillusion. Et pourtant…

Et dans cette renaissance, osons enfin nommer l’invisible. Osons le dire, le chanter, le hurler dans le silence qui précède l’orage :

l’humanité n’est pas tombée par accident. Elle a été conduite, pas à pas, siècle après siècle, au bord du gouffre par des mains qui n’ont jamais tremblé.

Des marionnettistes tapis dans l’ombre millénaire, tissant leurs fils dans les plis du temps, ourdisant le chaos avec une patience de serpent, des desseins si noirs qu’ils suintent encore la perversion et la soif de domination éternelle.

Depuis les premières aurores de la cité, depuis les premiers autels et les premiers trônes, ils ont semé la discorde, divisé les langues, brisé les liens sacrés, transformé les peuples en troupeaux, les rêves en chaînes, les vérités en cendres.

Nous avons dansé, pantins aux fils invisibles, nos pas dictés par leurs murmures, nos cœurs battant au rythme de leurs mensonges. Nous avons cru la cage immense ; nous avons pris l’ombre pour le monde.

Mais voici venue l’heure sacrée de l’éveil.

Coupons les cordes. Tranchons les fils. Brisons les entraves forgées dans les ténèbres.

Que tombent les masques. Que se déchirent les voiles. Que s’effondrent les illusions qui nous tenaient captifs.

Devenons libres. Devenons souverains. Devenons maîtres de notre souffle, de notre regard, de notre destin.

Regardons désormais avec des yeux neufs, perçants, implacables : les ficelles se révèlent, les intrigues se dessinent, les ombres reculent.

Et ce chaos que nous traversons n’est plus malédiction, mais flambeau. Il est la preuve vivante, brûlante, des complots qui ont duré des millénaires.

Et nous, en nous unissant, le transmuons. Nous le retournons comme une lame. Nous en faisons l’arme de notre délivrance.

Invoquons alors les mythes qui n’ont jamais cessé de veiller : Prométhée arrachant le feu aux dieux pour le jeter dans nos mains tremblantes ; l’Exode gravissant les mers, un peuple entier marchant vers la liberté contre la tyrannie ; les Titans se dressant, grondant, contre les maîtres de l’Olympe ; Spartacus et les esclaves forgeant dans le sang une révolte qui fit trembler Rome.

Ces flammes ne sont pas mortes. Elles dorment dans nos os. Elles attendent notre cri.

Libération solitaire ? Jamais. Libération collective ? Toujours.

Que les marionnettes se redressent. Que les ombres deviennent lumière. Que les opprimés deviennent les scribes de leur propre épopée.

Nous sommes ceux qui coupent les fils. Nous sommes ceux qui rallument le feu. Nous sommes ceux qui, main dans la main, réécrivent le destin de l’humanité.

Que cette invocation porte jusqu’aux confins du réel. Que 2026 en soit le premier écho.

C’est précisément dans cette obscurité remuée, dans ce grand dérangement, que naît l’appel le plus impérieux :

Refaire humanité.

Non pas la réparer comme on recolle un vase brisé, mais la réinventer, la réensauvager, la ramener à sa source vive. Non pas recoller l’humanité comme un vase brisé que l’on voudrait faire passer pour intact, non pas masquer les éclats, effacer les traces, feindre que rien ne s’est jamais rompu.

Mais la réinventer. La réensauvager. La ramener, par-delà les siècles de chaînes et de mensonges, à sa source vive, nue, indomptée.

À la manière du kintsugi, là où l’or ne cache pas la fracture mais l’embrasse, là où chaque cassure devient une veine incandescente, un chemin de lumière tracé dans la chair même de l’être.

Que les failles ne soient plus honte mais sceau. Que les blessures ne soient plus à dissimuler mais à magnifier. Que les lignes de rupture, soulignées d’or pur, racontent l’histoire vraie : nous avons été brisés, nous avons saigné, nous avons vacillé au bord de l’abîme, et pourtant nous nous relevons — non pas diminués, mais transfigurés.

Car dans le kintsugi de l’âme collective, l’or n’est pas un luxe, c’est le sang des étoiles qui a coulé dans nos plaies. C’est la mémoire des résistances oubliées, la sève des révoltes éteintes qui refuse de mourir, la promesse que ce qui fut déchiré peut devenir plus fort, plus beau, plus souverain qu’avant.

Ainsi refaisons-nous. Non pour retrouver un état d’avant illusoire, mais pour naître autrement : plus sauvages, plus lucides, plus unis dans la fragilité assumée. Que chaque fissure devienne un sillon d’or. Que chaque fracture chante la résilience. Que l’humanité, enfin, se regarde dans le miroir de ses brisures et reconnaisse, éblouie, sa propre beauté invincible.

C’est cette alchimie que nous invoquons pour 2026 : transformer le chaos en genèse, la sidération en éveil, la douleur en lumière souveraine. Car après le chaos vient toujours la Lumière — non pas une lumière douce et polie, mais une lumière crue, verticale, qui traverse les os et révèle ce qui est encore debout en nous.

2026 est l’année de l’après-secousse. L’année où l’on cesse de fuir le tremblement pour apprendre à danser avec lui. L’année où l’union n’est plus un joli mot, mais une arme absolue. L’union fait la force, l’union défait la perversion, l’union dissout les poisons qui ont longtemps tenu l’humanité en laisse dans l’ombre.

Que nos vœux, cette année, soient vertueux et intraitables :

Que nous choisissions l’amour radical plutôt que la tiédeur confortable. Que nous protégions la Terre comme on protège un cœur qui bat encore. Que nous fassions de l’art un acte de résistance joyeuse et de mémoire vive. Que nous cultivions la vérité comme on cultive un jardin secret, avec patience et sans compromis. Que nous tendions la main à l’autre — vraiment, sans arrière-pensée — car c’est dans cette main tendue que commence la délivrance.

Levons nos âmes, mes frères et sœurs de lumière, à l’amitié qui ne plie pas, aux regards qui osent encore se regarder sans masque, aux cœurs qui choisissent l’union plutôt que la division, à la beauté farouche et cachée qui survit toujours, même sous les décombres.

Que 2026 soit l’année où nous sortons de la sidération pour entrer dans l’émerveillement conscient. Où nous brisons les dernières chaînes invisibles. Où nous apprenons à respirer hors de cette matrice, les poumons pleins d’étoiles.

Que chaque pas soit une déclaration silencieuse :

Nous sommes la lumière qui vient après le chaos. Et nous choisissons de briller ensemble.

Merveilleuse, courageuse, incandescente année 2026.

Que ton souffle nous porte, que ta flamme nous traverse, et que nous émergions, main dans la main, plus humains que nous ne l’avons jamais été.

À toi, à nous, à l’humanité qui se souvient enfin qu’elle sait aimer.

Catherine CORNELI - 7 Février 2026

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